Dipingere senza fronzoli/Peindre sans détours

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Nelle tre settimane del mio soggiorno parigino ho visitato cinque bellissime mostre di cui tre ‘al femminile’: due su donne pittrici, Artemisia Gentileschi e Gabrile Munter e una su una ‘modella’ (e pittrice) importante, Marguerite Matisse, figlia del famoso pittore che l’ha rappresentata in centinaia di disegni, quadri e stampe. “Matisse et Marguerite. Le regard d’un père” è il titolo che fa comprendere lo sguardo complice e affettuoso del padre unito a quello esperto del pittore. Il pregio della mostra però, oltre ad esporre disegni e quadri provenienti da collezioni private o inediti, è quello di rendere conto dell’opera di Matisse seguendone l’evoluzione nella rappresentazione della figlia scoprendone la sua importanza e la sua vita. Il viso di Marguerite, disegnato a carboncino, china, dipinto a olio e rappresentato con tecniche diverse ha offerto al pittore la libertà di sperimentare.”Ce tableau veut m’emmener ailleurs, t’y sens-tu prête?” chede un giorno alla figlia-modella che non esita a incoraggiare il lavoro del padre. Attraverso i cambiamenti di Marguerite bambina, adolescente, donna, si segue la sua biografia. Marguerite è nata il 31 agosto del 1894 dalla relazione di Henri con Caroline Joblaud; viene riconosciuta dal padre e accolta da sua moglie Amélie Parayre: Marguerita crescerà con i due fratellastri Jean e Pierre. C’è un prima e dopo l’operazione che riparò la tracheotomia subita da bambina a causa di una difterite grave. Viene infatti per anni rappresentata con un nastrino al collo a testimonianza di un’infanzia dolorosa a causa della salute fragile. Nel 1920, alla seconda operazione, Matisse la la dipinge a Étretat per la prima volta senza nastrino al collo. Nel 1915 comincia a dipingere lei stessa partecipando a mostre collettive tra cui l’Exposition d’un groupe de femmes peintres françaises (1925). Dopo il suo matrimonio con lo scrittore e critico d’arte Geroges Duthuit, nel 1923, Marguerite da modella diventa agente del padre Parigi. Dopo la sua separazione, progetterà una collezione di vestiti da presentare in Inghilterra. Nel 1940 Marguerite invia il figlio negli Stati Uniti per proteggerlo e si impegna nella Resistenza. Nell’aprile del 1944 la Gestapo la arresta a Rennes. Torturata e incarcerata, insieme ad altri prigionieri politici, sta per essere deportata in Germania ma viene liberata prima del passaggio della frontiera, il 26 agosto. Matisse esprime l’ammirazione per il suo impegno nei quadri che realizza della figlia quando si ritrovano a Vence. Marguerite continuerà ad occuparsi dell’opera del padre anche oltre la sua morte nel 1954 e fino alla propria nel 1982.

Ma la mostra di cui volevo parlare soprattutto è quella dedicata a una delle maggiori esponenti dell’espressionismo tedesco: Gabriele Münter (Berlino 1877-1962), una figura interessante sia dal punto di vista artistico che biografico. Gabriele è una donna indipendente, viaggiatrice, con la passione per la creazione e l’espressione libera. Disegna fin da giovanissima e realizza schizzi durante i suoi viaggi. Quando torna in Germania, a Monaco, a 24 anni, si iscrive all’Association des femmes artistes (per le donne non era possibile iscriversi all’Accademia) e segue i corsi della Phalanx a Monaco dove incontra Vassily Kandinsky di cui fu la compagna fino al 1916. Grazie a lei si hanno le documentazioni fotografiche dell’attivista artistica del gruppo Associazione Nuovi Artisti di Monaco o NKVM e il Blauer Reiter (Cavaliere Azzurro) di cui fece parte a pieno titolo pur se con questa osservazione: “Nessuno ha riconosciuto il mio ruolo determinante… Tutti hanno visto in me la signora del gruppo. Che io dipingessi era un fatto secondarioAgli occhi di molti, annotò dopo anni, sono stata solo un’appendice insignificante di Kandinskij. Che una donna possa avere un talento autonomo e sia un essere creativo, lo si dimentica volentieri.”

L’esposizione inizia con le fotografie realizzate da Gabriele nei viaggi negli Stati Uniti (1898-1900) e in Tunisia (1905), che mostrano la qualità e lo sguardo innovativo. Durante il suo primo soggiorno parigino (1906-07), Gabriele si dedica alla litografia, stampe influenzate dal fauvisme. Seguono poi le sue opere maggiori del periodo espressionista (1908-14) della sua attività presso la Nouvelle Association des artistes de Munich et du Cavalier bleu. Gabriele si interessa e sperimenta poi l’arte popolare e infantile e prosegue con le opere del suo secondo soggiorno parigino (1929-30). nelle ultime sale sono esposte poi le sue opere faro realizzate tra il 1030 e il 1950, uno sguardo al suo lavoro di artista che dichiarava voler dipingere “sans detours”. Artista eclettica, ha perseguito sempre una ricerca personale; il soggiorno al lago Staffel e la casa di Murnau, furono un luogo importante per la sua evoluzione pittorica come spiega lei stessa: “Je cessai de vouloir trouver la “bonne” forme, vérifiable, des choses. Je n’ai en outre jamais cherché à “dépasser” la nature, à la vaincre ni meme à la tourner en dérision. Je représentais le monde dans ce qu’il avait selon moi d’essentiel, tel qu’il me saisissait”. (Smisi di voler trovare la forma corretta, oggettiva delle cose. Non ho inoltre mai cercato di sorpassare la natura, vincerla o a ridicolarizzarla. Rappresentavo il mondo per ciò che aveva di essenziale per me, che mi colpiva).

Musée d’Art Moderne de Paris

Au cours des trois semaines de mon séjour à Paris, j’ai visité cinq magnifiques expositions, dont trois consacrées aux femmes : deux sur des femmes peintres, Artemisia Gentileschi et Gabrile Munter, et une sur une « modèle » (et peintre) importante, Marguerite Matisse, fille du célèbre peintre qui l’a représentée dans des centaines de dessins, tableaux et gravures. « Matisse et Marguerite. Le regard d’un père » est le titre qui permet de comprendre le regard complice et affectueux du père associé à celui, expert, du peintre. Mais l’intérêt de l’exposition, outre le fait qu’elle présente des dessins et des tableaux provenant de collections privées ou inédits, est de rendre compte de l’œuvre de Matisse en suivant son évolution dans la représentation de sa fille, en découvrant son importance et sa vie. Le visage de Marguerite, dessiné au fusain, à l’encre de Chine, peint à l’huile et représenté à l’aide de différentes techniques, a offert au peintre la liberté d’expérimenter. « Ce tableau veut m’emmener ailleurs, t’y sens-tu prête ? » demande-t-il un jour à sa fille-modèle qui n’hésite pas à encourager le travail de son père. À travers les changements de Marguerite enfant, adolescente, femme, on suit sa biographie. Marguerite est née le 31 août 1894 de la relation entre Henri et Caroline Joblaud ; elle est reconnue par son père et accueillie par sa femme Amélie Parayre : Marguerite grandira avec ses deux demi-frères Jean et Pierre. Il y a un avant et un après l’opération qui a réparé la trachéotomie subie par l’enfant à cause d’une diphtérie grave. Elle est en effet représentée pendant des années avec un ruban autour du cou, témoignage d’une enfance douloureuse due à une santé fragile. En 1920, lors de sa deuxième opération, Matisse la peint pour la première fois à Étretat sans ruban autour du cou. En 1915, elle commence à peindre elle-même et participe à des expositions collectives, dont l’Exposition d’un groupe de femmes peintres françaises (1925). Après son mariage avec l’écrivain et critique d’art Georges Suthuit en 1923, Marguerite passe du statut de modèle à celui d’agent de son père à Paris. Après sa séparation, elle conçoit une collection de vêtements à présenter en Angleterre. En 1940, Marguerite envoie son fils aux États-Unis pour le protéger et s’engage dans la Résistance. En avril 1944, la Gestapo l’arrête à Rennes. Torturée et incarcérée avec d’autres prisonniers politiques, elle est sur le point d’être déportée en Allemagne, mais elle est libérée avant le passage de la frontière, le 26 août. Matisse exprime son admiration pour son engagement dans les tableaux qu’il réalise de sa fille lorsqu’ils se retrouvent à Vence. Marguerite continuera à s’occuper de l’œuvre de son père même après sa mort en 1954 et jusqu’à son propre décès en 1982.

Mais l’exposition dont je voulais surtout parler est celle consacrée à l’une des plus grandes représentantes de l’expressionnisme allemand : Gabriele Münter (Berlin 1877-1962), une figure intéressante tant du point de vue artistique que biographique. Gabriele est une femme indépendante, voyageuse, passionnée par la création et la libre expression.

Elle dessine dès son plus jeune âge et réalise des croquis lors de ses voyages. À son retour en Allemagne, à Munich, à l’âge de 24 ans, elle s’inscrit à l’Association des femmes artistes (les femmes ne pouvaient pas s’inscrire à l’Académie) et suit les cours de la Phalanx à Munich où elle rencontre Vassily Kandinsky, dont elle sera la compagne jusqu’en 1916. Grâce à elle, on dispose de documents photographiques sur l’activiste artistique du groupe Association des nouveaux artistes de Munich ou NKVM et du Blauer Reiter (Cavalier bleu) dont elle faisait partie à part entière, même si elle fait cette remarque : « Personne n’a reconnu mon rôle déterminant… Tous voyaient en moi la dame du groupe. Le fait que je peignais était secondaire. Aux yeux de beaucoup, nota-t-elle des années plus tard, je n’étais qu’un appendice insignifiant de Kandinsky. On oublie volontiers qu’une femme peut avoir un talent indépendant et être un être créatif. »

L’exposition commence par les photographies réalisées par Gabriele lors de ses voyages aux États-Unis (1898-1900) et en Tunisie (1905), qui témoignent de sa qualité et de son regard novateur. Lors de son premier séjour à Paris (1906-07), Gabriele se consacre à la lithographie, avec des gravures influencées par le fauvisme. Ensuite sont exposées ses œuvres majeures de la période expressionniste (1908-1914) de son activité au sein de la Nouvelle Association des artistes de Munich et du Cavalier bleu. Gabriele s’intéresse et expérimente ensuite l’art populaire et enfantin, puis poursuit avec les œuvres de son deuxième séjour à Paris (1929-1930). Dans les dernières salles sont exposées ses œuvres phares réalisées entre 1030 et 1950, un aperçu de son travail d’artiste qui déclarait vouloir peindre « sans détours ». Artiste éclectique, elle a toujours poursuivi une recherche personnelle ; son séjour au lac Staffel et sa maison de Murnau ont été des lieux importants pour son évolution picturale, comme elle l’explique elle-même : “Je cessai de vouloir trouver la “bonne” forme, vérifiable, des choses. Je n’ai en outre jamais cherché à “dépasser” la nature, à la vaincre ni même à la tourner en dérision. Je représentais le monde dans ce qu’il avait selon moi d’essentiel, tel qu’il me saisissait”.

 

 

Patrizia D'Antonio

Grazie all’incontro con Alberto Manzi, a cui ha dedicato la propria tesi di dottorato e di cui è stata collega, ha intrapreso la carriera di insegnante, occupandosi di sperimentazione didattica delle lingue in Italia e all’estero, prima di trasferirsi definitivamente a Parigi. Ha pubblicato, di recente, Donne con lo zaino. Vite in cammino (Elliot, 2023), basato sul blog omonimo.

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