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(en français après les photos) Viaggiare in Marocco il giorno dell’Aid-el-Khabir ha il vantaggio di trovare le strade completamente vuote, niente a che vedere con la frenesia del giorno prima in cui, con ogni mezzo disponibile, gli ultimi fornitori di montoni trasportavano gli animali per chi non avesse ancora provveduto. Persino la sosta nella Medina di Meknès, durante il viaggio perso il Nord-Est marocchino da Casablanca, è stata accompagnata dai belati delle pecore che in ogni terrazza, balcone o cortile aspettavano ignare il sacrificio.

Prendiamo la strada deserta l’indomani mattina presto e ci godiamo i paesaggi che cambiano nei centinaia di chilometri di distanza necessari per arrivare a Saidia: campi dorati di grano, oliveti grigio-verdi, brulle colline con alberi di argan, montagne blu all’orizzonte, qualche moschea non lontano da fattorie sparse nella campagna, la pianura verso Fez, poi le foreste di Taza, infine, nel primo pomeriggio, dopo aver passato Oujda e avvistato il confine con l’Algeria, intravediamo il mare.
Mi sento subito avvolta dagli odori, i colori e la calma del Mediterraneo di cui il mio corpo ha una memoria fisica. Ci sono cresciuta, pur nella sponda opposta, in un altro continente. Tre giorni prima mi bagnavo nell’Atlantico, giocando prudentemente con le onde: una sferzata di energia per la temperatura e per la tensione dovuta all’allerta continua per le correnti e le maree. I bagnini fischiavano a perdifiato a chi si allontanava di qualche metro. Niente a che vedere con il placido ondeggiare del Mediterraneo, oggi ventoso e leggermente agitato ma comunque rassicurante nel suo abbraccio caldo. Il paesaggio mi ricorda tanti luoghi delle coste mediterranee con le zone lagunari retrodunali, laghi salati, saline, lunghe spiagge con promontori o isole al lato di vaste baie o golfi. Anche qui la foce dell’oued Moulaya crea un’area protetta, rifugio di uccelli migratori e altra fauna e flora tipica. È quasi il tramonto quando andiamo a esplorare la zona fino al punto di osservazione ornitologica. Un nutrito gruppo di fenicotteri rosa pesca tranquillamente mentre coppie di avocette volteggiano gridando il loro disappunto per la nostra presenza, pur discreta. Una bella varietà di piante crassulacee come la salicornia e il mesembriantemo disseminano il terreno sabbioso in contrasto con il bianco accecante dei cristalli di sale dopo l’evaporazione dell’acqua. Torniamo verso la Marina di Saidia e ci fermiamo al porticciolo ad ammirare l’incandescente palla rosso fuoco che sbuca dalle nuvole grigie per colorare il cielo e il mare: un incredibile tramonto ci annuncia la fine di questa giornata.

La fatica del viaggio si fa sentire, così torniamo verso casa di Alissa e Amine, i nostri ospiti che ci hanno lasciato la loro casa a Saidia grazie a HomeExchange: un altro scambio più che soddisfacente tra quelli che pratico da circa vent’anni. Cercando un bar aperto con wifi, ci imbattiamo in allegri e colorati murales verso la Marina dove il caratteristico porticciolo divide la lunga spiaggia da est a ovest. In questo periodo non ci sono turisti e la cittadina è davvero calma, soprattutto nella zona balneare che si popola a luglio/agosto quando molti marocchini residenti all’estero rientrano o arrivano dalle altre regioni del Paese per le vacanze. Per ora ci godiamo la calma dell’Aid e della spiaggia deserta…


Voyager au Maroc le jour de l’Aïd al-Adha présente l’avantage de trouver les rues complètement désertes, ce qui n’a rien à voir avec l’effervescence de la veille, où, par tous les moyens disponibles, les derniers fournisseurs de moutons transportaient les animaux pour ceux qui ne s’étaient pas encore approvisionnés. Même notre halte dans la médina de Meknès, lors de notre voyage à travers le nord-est marocain depuis Casablanca, a été accompagnée des bêlements des brebis qui, sur chaque terrasse, balcon ou cour, attendaient sans se douter du sacrifice imminent.
Le lendemain matin nous empruntons la route déserte et profitons des paysages qui changent au fil des centaines de kilomètres nécessaires pour arriver à Saidia : des champs de blé dorés, des oliveraies gris-vert, des collines arides parsemées d’arganiers, des montagnes bleues à l’horizon, quelques mosquées non loin de fermes éparpillées dans la campagne, la plaine vers Fès, puis les forêts de Taza, enfin, en début d’après-midi, après avoir dépassé Oujda et aperçu la frontière avec l’Algérie, nous entrevoyons la mer.
Je me sens immédiatement envahie par les odeurs, les couleurs et le calme de la Méditerranée dont mon corps garde une mémoire physique. J’y ai grandi, même si c’était sur la rive opposée, sur un autre continent. Trois jours plus tôt, je me baignais dans l’Atlantique, jouant prudemment avec les vagues : une bouffée d’énergie due à la température et à la tension causée par la vigilance constante face aux courants et aux marées. Les sauveteurs sifflaient à pleins poumons à ceux qui s’éloignaient de quelques mètres. Rien à voir avec le doux clapotis de la Méditerranée, aujourd’hui venteuse et légèrement agitée, mais néanmoins rassurante dans sa chaleur réconfortante. Le paysage me rappelle de nombreux endroits des côtes méditerranéennes, avec leurs zones lagunaires derrière les dunes, leurs marais salants, leurs longues plages bordées de promontoires ou d’îles au bord de vastes baies ou de golfes.
Ici aussi, l’embouchure de l’oued Moulaya crée une zone protégée, refuge d’oiseaux migrateurs et d’une faune et d’une flore typiques. Le soleil est sur le point de se coucher lorsque nous partons explorer la région jusqu’au point d’observation ornithologique. Un groupe important de flamants roses pêche tranquillement tandis que des couples d’avocettes virevoltent en criant leur mécontentement face à notre présence, pourtant discrète. Une belle variété de plantes crassulacées comme la salicorne et le mesembryanthemum parsèment le sol sablonneux, contrastant avec le blanc aveuglant des cristaux de sel après l’évaporation de l’eau.
Nous retournons vers la marina de Saïdia et nous nous arrêtons au petit port pour admirer la boule rouge feu incandescente qui émerge des nuages gris pour colorer le ciel et la mer : un incroyable coucher de soleil nous annonce la fin de cette journée.
La fatigue du voyage se fait sentir, nous rentrons donc chez Alissa et Amine, nos hôtes qui nous ont laissé leur maison à Saidia grâce à HomeExchange : un autre échange plus que satisfaisant parmi ceux que je pratique depuis une vingtaine d’années. À la recherche d’un bar ouvert avec wifi, nous tombons sur des fresques murales joyeuses et colorées en direction de la Marina, où le petit port pittoresque sépare la longue plage d’est (Algerie) en ouest (Maroc). En cette période, il n’y a pas de touristes et la petite ville est vraiment calme, surtout dans la zone balnéaire qui s’anime en juillet/août lorsque de nombreux Marocains résidant à l’étranger rentrent au pays ou arrivent d’autres régions pour les vacances. Pour l’instant, nous profitons du calme de l’Aïd et de la plage déserte…
