Lettre à l’enfant que je n’aurai peut être jamais/ Lettera al figlio che forse non avrò mai

(en italien après la photo) Quand Flaurence parvient à partir quelques jours en vacances, je lui demande toujours d’envoyer ses notes de voyage à les donneconlozaino. On adore lire ses observations, descriptions et réflexions de lieux, de personnes et de moments qui composent l’aventure d’un Ailleurs. Je lui ai donc demandé une contribution en sachant qu’elle était en train de voyager. Aujourd’hui, cependant, elle nous a envoyé quelque chose de plus intime, de plus profond et d’unique : une lettre à l’enfant qu’elle n’aura peut-être jamais.
Je te préviens, ce ne sont pas des notes sur mon voyage mais des réflexions nées de la condition dans laquelle nous nous retrouvons parfois en voyageant: une introspection sur un aspect de ma vie; je ne sais pas si cela peut intéresser…Flaurence m’envoie ce message en accompagnant son texte.
Je l’ai lu une première fois, puis une seconde fois, enfin je le relis encore et encore et à chaque fois ce texte me parle, m’émeut, m’apprend de nouvelles choses, à moi qui, comme beaucoup de femmes, a développé des pensées similaires dans mon chemin de vie. Flaurence a le don de trouver les mots justes, de creuser au plus profond des sentiments authentiques et de restituer ses pensées dans un style qui secoue les lectrices (et lecteurs) en faisant du bien.
Je n’ai pas à commenter ce texte car tout est dit; j’ajouterais seulement que nous sommes nombreuses à ressentir ces pensées – passées, présentes ou futures – vibrer en nous pour avoir éprouvé des sentiments similaires ou même simplement pour de l’empathie envers une condition féminine spécifique. Il n’y a pas d’apitoiement sur soi, pas de victimisation, pas de révolte ou d’amertume. Il y a de l’authenticité et la capacité de sonder le cœur et l’esprit. Merci Flaurence de partager ce texte avec nous !
P.

“Cher enfant que je n’aurai peut être jamais

Je suis celle qui voudrait être ta mère.

Je m’appelle …

J’ai 39 ans.
mes cheveux sont noirs, mes ongles sont courts, mes sourcils sont fins.
Si tu es mon enfant, un jour, tu auras peut être les cheveux touffe comme moi, une moustache duveteuse brune et du poil aux pattes. prends toi un forfait esthéticienne direct.
Tu auras peut être des joues d’enfant jusqu’à tes 25 ans. On te dira que tu es mignon ou mignonne avec la peau blanche et les yeux marrons. ça donne un côté Méditerranéen, et, en vieillissant tu seras plus beau, plus belle, mieux dans ta peau et plus pulpeuse, si tu me ressembles.
Si je ne suis pas sure d’avoir cet enfant, toi, un jour, c’est parce que je n’ai pas rencontré l’homme avec qui j’ai envie de t’élever, celui qui caressera mon ventre sans flipper de voir une nouvelle vie arriver dans la sienne, celui qui tiendra ma main dans les nuits d’angoisse, celui généreusement qui se lèvera pour calmer tes peurs nocturnes.

J’ai connu A. il était blond. Il était pâle. Il était torturé. Le whisky qu’il ingurgitait m’effrayait. Les dents qui jaunissaient à cause de ses cigarillos m’inquiétaient. Les petits rats qu’il avait en cage me dégoûtaient un peu.
Cet homme aux yeux bleus de photographe, il m’a aimée mieux que personne, à m’envoyer des alexandrins tous les jours pendant six mois, à me photographier dans sa tête au réveil et avec son appareil toute la journée. Cet homme poète a sublimé l’image désastreuse et mal dans ma peau que je me promenais depuis longtemps.
j’avais 32 ans quand je l’avais rencontré.
Je me sentais vieille. J’avais l’impression qu’il était trop tard, que je n’étais pas comme les autres.
Voilà, il y a eu cet homme.
Mais tu ne seras pas son enfant.

Il y a eu Thomas. Tout maigre, les yeux pleins de malice et le corps parsemé de taches de rousseur. Lui il est super mais il ne sait pas aimer, il n’est pas constant. Ce ne sera pas lui, ton père, mon enfant.
ça aurait pu. Il est intelligent, mais il n’est pas dedans.
Alors je n’aurai pas d’enfant, peut être.
J’ai envie que cet homme désire l’enfant à naître, tu comprends ?


Cher enfant que je n’aurai peut être jamais,

si tu viens au monde, tes grands parents, c’est des profs. Ils sont rigides, coincés, malheureux, embourbés dans le poids du qu’en dira ton et des apparences. ça ,il faut que tu le saches une bonne fois pour toutes.
Ils ne savent pas ce qu’est la vie, la liberté, la légèreté. Eux, c’est eat clean, reste sous contrôle, sois gentil, couches toi tôt, prends soin de ton corps. Ils ne savent pas s’amuser. Ils sont régis par la peur, la crainte. Ils ont un traumatisme existentiel.

Ton grand père, c’est André. C’est lui, l’Italien, ce nom impossible à écrire, ces cheveux noirs, ces yeux marrons, une petite calvitie sur le dessus de la tête. Un gentil.
Il croit qu’il est bedonnant.
Quand il a commencé à perdre ses cheveux, il en a fait tout un plat.
Il avait 40 ans.
Si tu tiens de lui, tu devras t’épiler les oreilles et tes biceps ne seront jamais vraiment musclés, même si tu t’y efforces.
André, il a vécu en Angleterre. Il a aimé les Beatles. Il avait une vocation. Il l’a suivie. il a été prof d’anglais.
En Angleterre, il avait plein de potes. Il sortait dans les pubs. Il avait un coloc. ça a duré un an mais il a été heureux.
Je pense qu’il a eu une amoureuse britannique mais ma mère a déboulé et l’a ramené fissa à la maison.

Ma mère, c’est ta grand mère. Tu vas peut être l’adorer, elle va peut être te sembler intéressante, intelligente, dévouée, gentille et dynamique si tu la rencontres un jour.
Détrompes toi. Quand tu auras le dos tourné, elle dira sans doute des choses sur toi, elle voudras toujours que tu lui obéisses. Elle te parlera très peu.
Quand tu demanderas des choses sur sa vie, elle sera muette comme une carpe.
Elle l’a toujours été, et mal à l’aise.
Voilà.
Bienvenue dans cette famille, mon enfant (imaginaire).

Moi, ça va mieux. Je me suis cassée. Je me suis décoincée, reconnectée à mon corps. J’ai trouvé le sens de ma vie. J’ai renoué avec ma vocation. Je suis guérie, accomplie.
Je reviens de loin.
J’étais l’enfant timide voire timorée, dans un coin, sage, mais première de la classe.
L’enfant unique, du côté des adultes, entourée d’adultes, de grand mères et de profs plutôt que de cousins, d’amis et de voisins.
Réfugiée dans les bouquins, niaise avec les garçons, très peu autonome, très peu d’initiatives.
La coincée.
J’ai fait des études à 18 ans. J’ai quitté la maison. J’ai été en Erasmus à 21 ans et je ne suis jamais revenue dans le giron familial.
Tout ça, j’aurai le temps de te le raconter quand tu auras 14 ans, qu’on sirotera des mojito sans alcool sur les plages de Sardaigne, en maillot, sous des parasols dont les franges flottent au vent après nos virées en scooter avec ton père et tes cousins.
Mais je m’égare.
Mes parents, au début, Je n’en étais pas détachée.
Je dépendais d’eux, financièrement.
Mais géographiquement, j’étais loin.
Avec cette contrainte, cette lourdeur quand même, de les rencontrer, de devoir les sortir, de les promener, de les distraire, de choisir le restaurant, la table du restaurant, de parler au serveur, a chaque fois que j’habitais dans un nouvel endroit. Bonn, Paris, Brighton, Londres. Ils rappliquaient. Toujours, Chalon, Laon, Laval: les localités pas glamour, trop étriquées où j’ai exercé ce métier passion, ce métier qui soigne, ce métier qui m’a remis à ma place.
Celui que j’exercerai encore, j’espère, à l’heure où tu liras ces lignes.
C’est lui qui m’a permis de dire que j’ai guéri.
Grâce à lui, J’ai compris l’humain. Je n’ai plus eu honte de moi.
Je me suis révélée.
Je me suis acceptée.
J’ai fait des thérapies aussi. Quatre, à partir de 25 ans. Je n’ai toujours pas terminé.
Une thérapie pourrie. Une pas mal avec une vieille dame qui répondait au téléphone fixe pendant les séances et me parlait de sa Normandie chérie. Une avec une folle obèse. Et une géniale avec un psy incroyablement respectueux et confiant.
J’ai capté deux trois trucs sur mon enfance solitaire, sur mes parents traumatisés, sur le drôle de caractère de ma mère.
J’ai colmaté les brèches et réappris à marcher différemment, avec d’autres réflexes.
Ma cousine a disparu, aussi, faut pas oublier, ça.
Et mes parents n’ont jamais réussi à faire d’autre enfant après moi.

Voilà le tableau, cher enfant.

Tu es le bienvenu chez moi, dans mon utérus, dans ma vie, dans mon appartement inconfortable.
Pour toi je trouverai une maison avec un jardin et un chat et tout ce qu’il faut pour être heureux. Des amis de ton âge et des comptines dans toutes les langues.
Avec toi je danserai, je ferai du vélo, tu gigoteras sur le porte bagage, on mangera des pique nique sur les plages en chantant sur les galets.
J’ai hâte que tu sois là et, si tu ne venais jamais parce que je ne veux pas me faire des piqûres d’hormones qui font gonfler, parce que je ne veux pas te choisir sur catalogue, parce que je ne veux pas te sentir grossir à l’intérieur de moi en étant la seule à t’attendre, sans ton géniteur, alors tu ne seras peut être jamais là.
Tu ne connaîtras pas le centre Pompidou et les bienfaits du yoga, mes chansons préférées en italien et les balades du bord de mer entre Sanremo et Cannes.
Tu ne sauras pas que je t’attends et que je t’écris, que je t’entends parler de moi à la troisième personne et te moquer de ma maladresse ,de mes cheveux blancs et de mes radoteries.
Tu ne me verras pas danser jusqu’au bout de la nuit.
J’aurais écrit des portraits de toi in utero, des portraits de toi grenouillant et bavouillant, des portraits de toi t’émerveillant et barbouillant .
Tant pis.
Tu peux rester ou tu es si la vie t’y es plus douce.
Je ne suis qu’une petite journaliste de province dans un quotidien banal un peu empâtée qui passe beaucoup trop de soirées à traîner dans le pub branchouille du coin et à écrire dans les trains des nouvelles et des essais non publiés sur mon téléphone à l’écran cassé.


Cher enfant que je n’aurai jamais

restes au chaud où tu es. Je suis peut être bien cette femme un peu ratée.
Tant pis. Je vais continuer comme ça pour cette vie la.
Des petits écrits, des petites vacances et des petits articles en prenant kilo après kilo, ride sur ride, cheveu blanc après cheveu blanc.
J’ai appris à aimer mon prochain, à le comprendre, à me détendre. J’ai appris à aimer la vie.
Alors,
si jamais tu te ravises, saches qu’ensemble on sera heureux.
Tu ne seras pas un bébé pour combler un manque, tu ne seras pas un bébé béquille.
Tu viendras atterrir chez quelqu’un d’accompli qui, après avoir touché le fond deux fois au moins, a fait un boulot sur soi.
Tu viendras atterrir chez quelqu’un d’aimant, de réfléchi, qui a fait son chemin.
C’est ton choix. C’est toi qui vois. Moi je suis là.
Je t’attends.
Si tu ne viens pas, l’amour pour toi ne sera pas perdu, tu le sais.
Il sera recyclé ailleurs, dans d’autres actions, dans d’autres missions.
Ensemble on aurait pu, si tu te décidais un de ces quatre, multiplier et faire croître un Grand amour, plus grand, plus riche encore.
Ta place est où tu le souhaites.
Un enfant choisit toujours où il va s’incarner.

Ici,
la porte est toujours ouverte.

De la part de celle qui a bien réfléchi
Qui a bien douté dans sa vie
Qui est prête depuis hyper longtemps
Qui a bien grandi depuis
Qui te parlait déjà à sept ans en berçant ses poupées
Qui te parle encore 30 ans plus tard en t’adressant ces lignes
Car C’est ce que je peux faire de mieux pour toi.

L’amour est là pour toi, quoiqu’il en soit.”

F.

Quando Flaurence riesce a partire qualche giorno in vacanza, le domando sempre di inviare le sue note di viaggio alle donneconlozaino. Adoriamo leggere le sue osservazioni, descrizioni e riflessioni di luoghi, persone e momenti che formano l’avventura di un altrove. Anche questa volta le ho chiesto un contributo sapendola in viaggio. Oggi però Flaurence ci ha mandato qualcosa di più intimo, di più profondo e unico: una lettera al figlio che forse non avrà mai.

Ti avverto, non sono note sul mio viaggio ma riflessioni scaturite dalla condizione in cui ci si trova a volte in viaggio: un’introspezione su un aspetto della mia vita; non so se può interessare…-mi scrive Flaurence mandandomi il pezzo.

Lo leggo una prima volta, poi una seconda infine lo rileggo ancora e ancora e ogni volta questo testo mi parla, mi commuove, dice cose nuove a me che, come molte donne, ho avuto occasione nella vita di maturare pensieri simili. Flaurence ha il dono di trovare le parole giuste, di scavare nel profondo dei sentimenti più autentici e restituire i suoi pensieri con uno stile che colpisce le lettrici (e i lettori) facendo del bene.

Non devo e non voglio commentare questo testo che dice tutto; aggiungo solo che siamo in molte a sentire vibrare in noi questi pensieri –passati, presenti o futuri – per aver provato sentimenti simili o anche semplicemente per empatia verso una condizione femminile specifica. Non c’è autocommiserazione, né vittimismo, né rivolta o amarezza. C’è autenticità e la capacità di scandagliare il cuore e la mente. Grazie Flaurence di aver condiviso con noi questo testo!

P.

“Caro figlio che potrei non avere mai

Sono io, quella che vorrebbe essere tua madre.

Ho 39 anni.
I miei capelli sono neri, le mie unghie sono corte, le mie sopracciglia sono sottili.
Se sei mio figlio, un giorno potresti avere i capelli folti come me, soffici baffetti marroni e peli su braccia e gambe. Prendi direttamente già un forfait dall’estetista.
Potresti avere le guance paffute fino all’età di 25 anni. Ti verrà detto che sei carino o carina con la pelle bianca e gli occhi marroni. Questo ti darà un’aria mediterranea e, quando invecchierai, sarai più bella, più bello, più a tuo agio nel tuo corpo e più in carne, se mi assomigli.
Se non sono sicura di averti, te, un giorno, è perché non ho incontrato l’uomo con cui voglio crescerti, quello che mi accarezzerà la pancia senza perdere la testa nel vedere arrivare una nuova vita nella sua, quello che mi terrà per mano nelle notti di angoscia, quello che si alzerà generosamente per calmare le tue paure notturne.

Ho conosciuto A. Era biondo, era pallido. Era un tipo torturato, il whisky che ingurgitava mi spaventava, i denti che ingiallivano per i suo cigarillos mi inquietavano. I topini che teneva in gabbia mi disgustavano un po’.
Quest’uomo con gli occhi azzurri da fotografo, mi ha amata più di chiunque altro, mandandomi versi ogni giorno per sei mesi, fotografandomi nella sua testa al risveglio e con la sua macchina fotografica tutto il giorno. Quest’uomo poeta ha sublimato l’immagine disastrosa e impacciata che mi portavo da molto tempo.
Avevo 32 anni quando l’ho incontrato. Mi sentivo vecchia, mi sembrava che fosse troppo tardi, che non ero come gli altri.
Ecco, c’è stato quest’uomo.
Ma tu non sarai suo figlio.


C’è stato Tommaso. Magro, occhi furbi e corpo punteggiato di lentiggini. È un grande ma non sa amare, non è costante, non sarà lui, tuo padre, ​​figlio mio. Avrebbe potuto esserlo, è intelligente, ma non è abbastanza coinvolto.

Quindi forse non avrò un figlio.
Voglio che quest’uomo ti desideri, capisci?


Caro figlio che forse non avrò mai,
se vieni al mondo, i tuoi nonni sono insegnanti. Sono rigidi, bloccati, infelici, impantanati nel ‘cosa può dire la gente’, nelle apparenze; devi saperlo una volta per tutte.
Non sanno cosa sia la vita, la libertà, la leggerezza. Loro sono: mangiare pulito, stare sotto controllo, essere gentile, andare a letto presto, prendersi cura del proprio corpo. Non sanno come divertirsi. Sono governati dalla paura, dal terrore. Hanno un trauma esistenziale. Tuo nonno è André. È lui, l’italiano, questo nome impossibile da scrivere, questi capelli neri, questi occhi marroni, una piccola calvizie sulla testa. Un buono.
Pensa di essere panciuto.
Quando ha iniziato a perdere i suoi capelli, ne ha fatto un dramma.
Aveva 40 anni.
Se prendi da lui, dovrai fare la ceretta alle orecchie e i tuoi bicipiti non saranno mai davvero muscolosi, anche se ti sforzi.
André ha vissuto in Inghilterra. Amava i Beatles, aveva una vocazione, l’ha seguita. Era un insegnante di inglese.
In Inghilterra aveva molti amici. Andava nei pub. Aveva un amico con cui coabitava. È durato un anno ma era felice.
Penso che avesse una ragazza britannica ma mia madre è arrivata e l’ha portato a casa. Mia madre è tua nonna. Potresti adorarla. Può sembrare interessante, intelligente, devota, gentile e dinamica se la incontri un giorno.
Non ti fidare. Quando volti le spalle, senza dubbio parlerà di te. Vorrà sempre che tu le obbedisca. Ti parlerà molto poco.
Quando le chiederai della sua vita, tacerà come una carpa. Lo è sempre stata, e a disagio.
Ecco, benvenuto in questa famiglia, figlio mio (immaginario).

Quanto a me, va meglio. Sono partita, mi sono sciolta, riconnessa al mio corpo. Ho trovato il senso della mia vita. Ho trovato la mia vocazione. Sono guarita, realizzata.
Ho fatto molta strada.
Ero la bambina timida, timorosa, in un angolo, saggia, ma prima della classe.
Figlia unica, circondata da adulti, di nonne e prof piuttosto che di cugini, amici e vicini. Rifugiata nei libri, timida con i ragazzi, con poche iniziative. L’imbranata.

Ho proseguito gli studi a 18 anni. Ho lasciato la casa familiare. Sono stata in Erasmus a 21 anni e non sono mai tornata nel cerchio familiare.

Tutto ciò, avrò il tempo di raccontartelo quando avrai 14 anni, quando sorseggeremo un mojito in una spiaggia in Sardegna, in costume sotto l’ombrellone le cui frange svolazzeranno al vento dopo i nostri giri in scooter con tuo padre e i tuoi cugini. Ma sto divagando.

I miei genitori, all’inizio, non ne ero staccata.

Dipendevo da loro, finanziariamente. Ma geograficamente, ero lontana. Con il vincolo, la pesantezza piuttosto di doverli incontrare, uscire con loro, distrarli, scegliere il ristorante, il tavolo, parlare al cameriere, ogni volta che abitavo in un nuovo posto. Bonn, Parigi, Brighton, Londra. Ritornavano, sempre. Chalon, Laon, Laval: località senza fascino dove ho esercitato questo mestiere-passione, questa professione che guarisce, che mi ha stabilizzato. Quella che eserciterò ancora quando tu leggerai queste righe.

È ciò che mi ha permesso di dire che sono guarita. Grazie a esso, ho compreso gli esseri umani. Non mi vergogno più. Mi sono risollevata. Mi sono accettata.

Ho fatto anche delle terapie. Quattro, dai 25 anni. Non ho ancora terminato. Una terapia fasulla. Una niente male con un’anziana signora che rispondeva al telefono fisso durante le sedute e mi parlava della sua cara Normandia. Una con un’obesa pazza e una geniale con un psi incredibilmente rispettoso e fiducioso. Ho compreso due/tre cose sulla mia infanzia solitaria, sui miei genitori traumatizzati, sul carattere bizzarro di mia madre. Ho colmato le lacune e imparato a camminare diversamente, con altri riflessi. Mia cugina è scomparsa inoltre, non si può dimenticare questo. E i miei genitori non sono mai riusciti ad avere altri figli dopo di me. Ecco il quadro, caro figlio.

Tu sei il benvenuto qui, nel mio utero, nella mia vita, nel mio scomodo appartamento. Per te troverò una casa con giardino e un gatto e tutto ciò che serve per essere felici. Amici della tua età e filastrocche in tutte le lingue.

Con te danzerò, andrò in bicicletta, tu sgambetterai sul seggiolino, faremo dei pic nic alla spiaggia cantando sui ciottoli. Ho tanta voglia che tu arrivi ma se non verrai perché non ho intenzione di farmi punture di ormoni che fanno gonfiare, perché non voglio sceglierti su un catalogo, perché non voglio sentirti crescere dentro di me essendo sola ad aspettarti, senza tuo padre, allora non arriverai mai.

Non conoscerai il Centre Pompidou e i benefici effetti dello yoga, le mie canzoni preferite in italiano e le passeggiate in riva al mare tra Sanremo e Cannes.

Non saprai mai che ti aspetto e ti scrivo che ti sento parlare di me alla terza persona e di prendermi in giro della mia goffaggine, dei miei capelli bianchi e delle mie farneticazioni. Non mi verrai ballare fino a notte inoltrata.

Avrei scritto dei ritratti di te in utero, dei ritratti di te mentre gattoni e sbavi. Dei ritratti di te che fai scoperte e pasticci. Peccato. Puoi restare dove sei se la vita ti è più dolce.

Non sono che una piccola giornalista di provincia di un quotidiano banale un pò complessata che passa troppe serate nel pub alla moda dell’angolo e a scrivere nei treni dei racconti e dei saggi non pubblicati sul un telefono dallo schermo rotto.

Caro figlio che non avrò mia, resta al caldo dove sei. Sono forse questa donna un pò fallita. Peccato. Continuerò così per questa vita. Dei piccoli testi, delle piccole vacanze e dei piccoli articoli prendendo chilo su chilo, ruga su ruga, capello bianco su capello bianco.

Ho imparato ad amare il mio prossimo, a capirlo, a distendermi, ho imparato ad amare la vita. Allora se cambi idea, sappi che insieme saremo felici.

Tu non sarai un bimbo per colmare una lacuna, non sarai un bimbo stampella.

Atterrerai da qualcuno di realizzato che, dopo aver toccato il fondo almeno due volte, ha fatto un gran lavoro su di sé. Arriverai da qualcuno di amorevole, di maturo che ha fatto il suo percorso. È una tua scelta, Vedi tu. Io sono qua. Ti aspetto. Se non arrivi, l’amore per te non sarà perso, lo sai. Sarà riciclato altrove, in altre azioni, altre missioni. Insieme avremo potuto, se ti decidessi una volta, moltiplicare e accrescere un grande amore, più grande, più ricco ancora.

Il tuo posto è dove lo desideri. Un bambo sceglie sempre dove incarnarsi.

Qui la porta è sempre aperta

Da parte di colei che ha riflettuto molto

Che ha dubitato tutta la sua vita

Che è pronta da moltissimo tempo

Che è cresciuta da allora

Che ti parlava già a sette anni cullando le sue bambole

Che ti parla ancora trenta anni più tardi dedicandoti queste righe

perché è ciò che posso fare di meglio per te.

L’amore è qui per te, qualsiasi cosa accada.

F.

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